Des Affichages Centrés Utilisateur à la SNCF

Depuis quelques jours, sur le site web transilien.com la SNCF se vante d’avoir changé son affichage sur les quais. Le véritable changement : le temps d’attente du prochain train.
Terminée donc l’heure officielle du train, de toute manière il y a trop souvent des retards, et cela vous obligeait de regarder l’heure. Vous savez maintenant en temps réel la durée de votre supplice à greloter sur le quai.

Nouvel Affichage SNCF quai

Nouvel Affichage SNCF quai

Autre nouveauté, le sens de lecture et la disposition des informations pour plus de clarté:

Avant:
Affiche_train_se_modernise_3

et maintenant la nouveauté:
Affiche_train_se_modernise_4

Les usagers, pardon les clients, de la SNCF peuvent lire par ordre:
– le type de véhicule (train, tramway…)
– la ligne (A,B,C,D,E des RER mais aussi les autres lignes de banlieue)
– la destination du train
– le nom du train
– le temps d’attente

Sur le côté droit
– le nom du quai
– la longueur du train (souvent court en période de grève sinon ce n’est pas drôle)

En dessous:
– le détail des gares desservies (plus de place pour ce détail par rapport à l’ancienne version)
– un bandeau informatif des messages. Prévoir un « Bon voyage sur la ligne » en temps normal et un affichage défilant en cas d’incidents d’exploitation et autres joyeusetés.
– l’horaire (qui reste à la même place)

L’avantage, c’est d’avoir en seul coup d’oeil, l’essentiel des informations de votre train. Votre œil justement devra descendre s’il veut des détails. Avant, il était focalisé sur l’horaire puis devait faire un petit saut pour voir la destination et le type de train, la ligne.
Un peu d’ergonomie dans ce monde de brutes, ne fait pas de mal. Merci la SNCF.
Prochain travail: l’ergonomie du site transilien.com devenu illisible depuis le dernier changement de design. 😉

Google rend hommage à Grace Hopper, pionnière de l’Informatique et de l’Ergonomie

9 décembre 2013: Google fait son doodle hommage à Grace Hopper, « la mère du COBOL ».
Docteur en mathématiques en 1934, elle s’engagera dans la marine américaine en 1943 et sera, à cette occasion, la première personne à programmer le premier calculateur universel, le Harvard Mark I.
Pour l’anecdote, c’est d’ailleurs sur un Harvard Mark II, qu’un petit insecte sera retrouvé entre deux relais, provoquant le premier « bug » de l’histoire de l’informatique.

Doodle Grace Hopper

Après la guerre, elle travaillera chez Eckert-Mauchly Computer Corporation dans l’équipe développant l’UNIVAC I puis concevra en 1951 le premier compilateur de ce supercalculateur, l’A-0 System.

Admirez l’ergonomie de l’interface de l’UNIVAC I: que de boutons!

UNIVAC I Grace Hopper

Pionnière de l’informatique des supercalculateurs mais surtout pionnière de l’ergonomie informatique, puisqu’elle invente le premier compilateur développé pour un ordinateur, compilateur permettant de faciliter la vie à l’opérateur humain en charge de la machine.
En effet, l’innovation du système réside dans son pouvoir de compiler un programme désormais constitué de plusieurs sous-programmes (identifiés par un code numérique) ayant des paramètres: une révolution, comme dirait un certain Steve!

Dans le même esprit de simplification, dès son entrée chez IBM en 1957, elle prône l’idée que le langage de programmation doit de se rapprocher du langage naturel: non au code assembleur!
Au service du département de la Défense américaine, elle travaillera ensuite aux normes permettant le développement des langages COBOL (encore utilisé dans les grands groupes financiers de nos jours!) puis FORTRAN.

Toute sa vie, cette femme a voulu rendre plus facile d’utilisation l’informatique, améliorant en cela l’interaction homme-machine. Si les langages modernes de programmation s’avèrent aussi proche de l’anglais, on pense à Java et à C#, cette pionnière n’y est certainement pas étrangère.
Certains verront dans sa soif d’innovation et d’ergonomie, à contre-courant des idées de l’époque, sa touche féminine dans ces « deux mondes d’hommes », le monde de l’informatique et celui de l’Armée.

Terminant contre-amiral dans la marine américaine, en 1986, la Defense Distinguished Service Medal couronnera une carrière militaire aux états de service exceptionnels pour son pays… et pour la Science.

Expressions célèbres:
« Humans are allergic to change. They love to say, « We’ve always done it this way. » I try to fight that. That’s why I have a clock on my wall that runs counter-clockwise. »
« Life was simple before World War II. After that, we had systems. »


Grace Hopper expliquant les nanosecondes

Source Wikipedia & Wikiquote

Mother de Sen.se : Encore un échec industriel?

Des doutes. Nous avons plus que des doutes concernant ce nouveau sympathique gadget. Car l’objectif d’une société, le seul objectif, c’est d’être rentable. Or d’après le site officiel du fabricant, il y a fort à parier que toutes les leçons de l’échec du Nabaztag (du même créateur) n’ont pas été retenues et que la différence réelle s’avère dans le côté interface s’appuyant sur le boum de tablettes. Décryptage.

Mother

C’est quoi Mother?
Evidemment quand une nouveauté arrive, le réflexe c’est d’aller sur internet et notamment sur le site officiel du fabricant. Etape obligée afin d’avoir des informations fiables et officielles.
En analysant ce site web, agréablement réalisé et très efficace, on comprend les rapidement les intérêts de Mother via les questions affichées, véritables résumés des scénarios d’usage:
– quand serez vous à court de café?
– quelqu’un s’introduit il chez vous?
– quelqu’un touche t-il à vos petits secrets?
– buvez vous suffisamment d’eau?
– qui est à la maison en ce moment?
– avez vous pris des médicaments?
La vidéo complète le diaporama et affiche pour chaque activité l’horaire:
– Marine se lève
– expresso long
– jogging effectué
– prise de volotrb (médicament)
– retour à la maison de thomas
– brossage des dents
– température de la pièce
Avec les différents personas imaginés et illustrés ici, l’équipe marketing nous montre donc tout le potentiel (de base) de cette nouveauté attendue mars 2014 (et oui, c’est mort pour ce Noël!). Il faut bien l’avouer, on se croirait dans un film de science fiction, avec ces affichages sur mobile et tablette, de toutes ces informations pratiques qui facilitent notre vie quotidienne.

Analyse
Nous sommes donc en présence d’un périphérique de surveillance, d’un « objet connecté », à brancher à votre box internet. Il peut surveiller manifestement tout et n’importe quoi, des médicaments de la grand mère, à la présence du petit dernier en passant par la température des chambres, via de petits périphériques (« cookie ») à placer sur les objets à surveiller.
La sécurité des personnes (intégrité physique, santé…) semble malgré tout ressortir en tant qu’activité première. Le nom de l’appareil n’est d’ailleurs par vraiment étonnant, puisque justement, que fait une mère sinon veiller à ses petites progénitures et sa famille. Pour l’anecdote, sauf hasard, les concepteurs ont certainement voulu rendre hommage au « mother », l’ordinateur de bord du vaisseau de Sigourney Weaver dans Alien. Là encore, Mother, gérait tout et contrôlait d’un oeil son petit monde.

Points Faibles
Flicage
Justement, le premier point noir s’avère aisément perceptible, déjà dans les vidéos: ce côté « flicage ».
Au début s’il s’avère sympathique de savoir à quelle heure Marie s’est levée, si Mémé a pris ses pilules et si Thomas est bien rentré à la bonne heure, votre famille va ressentir cette surveillance. Le fabricant mise sur le côté ludique et nous montre des concours de brossage des dents avec le petit dernier. Bien sûr, et la marmotte met le chocolat dans le papier d’alu, c’est connu…
La première semaine, la deuxième semaine et au bout de 6 mois? Et quand le gamin va grandir?
La vidéo montre une vie quotidienne dans une famille modèle où tout va bien, où les enfants très jeunes adorent leurs parents et réciproquement. La cible est donc: famille de jeunes enfants?
Car imaginez la même scène avec des adolescents ou même des enfants turbulents, qui peut croire que le « cookie » – le capteur – restera sur cette brosse à dent? Que le gamin qui sèche les cours, traine avec ses potes veut que ses parents sache vraiment à quelle heure il est rentré?
Et la gentille Mémé, certainement pas stupide, aura vite fait de détacher le capteur de la boite de médoc. Ou pire de jeter la boite avec le capteur (mode tête en l’air) ou plus rusée (mode Tatie Danielle), lever la boite pour faire croire au capteur qu’elle a bien pris ses médocs.

De la vie idyllique en famille… à la vraie vie?
A l’instar de la maison d’Edith Farnsworth, il semblerait (encore une fois) que les usages imaginés par les concepteurs ne soient pas les mêmes que les usages possibles des futurs utilisateurs. Il y a un gouffre entre la vidéo montrée et la vraie vie.
La cible visée sera quoi? Le geek qui va se faire un plaisir de coder de nouvelles fonctionnalités et d’imaginer un univers de surveillance de tout et n’importe quoi. Du moment qu’il ne rentre pas dans la vie privée de ses congénères, ça va…
La famille, le couple avec ses jeunes bambins, les chérissant et voulant avoir un appareil de surveillance à la fois efficace et ludique. L’objet risque de finir dans un placard au bout de 6 mois. On fait le pari?

Déshumanisant
Évidemment savoir qu’on frôle la pénurie de café, que le gamin est bien rentré, que la petite s’est bien levée pour aller à l’école, c’est utile. Mais n’y a t il pas un côté déshumanisant? N’était-ce pas mieux que votre conjoint vous le dise (« chéri, attention on a plus de café! »), d’entendre son fils vous appeler au bureau ou de vous envoyer un sms « je suis bien rentré », d’entendre la gamine vous le dire d’elle-même (« bon je vais à l’école, bisous, je file »). Rien ne le prouve mais entre membre de la même famille, on doit se faire confiance et si cette confiance est bafouée c’est qu’il y a un problème… à résoudre.
On voit d’emblée le côté Rabelaisien, de la Science sans Conscience. Sûr qu’il n’y a aucun danger intrinsèque dans un tel objet mais on peut prédire déjà certains conflits avec ce gadget, notamment avec des adolescents, le fameux âge ingrat en mode rebelle. La « mother » va vite devenir étouffante pour eux et sera même l’objet à abattre… à l’instar du film Alien, où l’ordinateur se bloque et ne veut pas annuler l’auto-destruction.

Autrement
D’autres fabricants proposent déjà des objets de contrôle de votre appartement et ce n’est pas nouveau: la fameuse domotique. Pour ce qui est de la température, ouverture de porte, la « Mother » a de la concurrence en face d’elle.
A quoi bon en rajouter une couche? Legrand, puisqu’il faut bien un exemple concret, propose déjà une interface tactile pour piloter votre chauffage, vos lumières, vos prises de courant, votre système d’alarme et même… votre musique d’ambiance! Il faudra donc se distinguer sur le prix.

Legrand Domotique

Feignant
Si on veut aller au bout de la critique, on peut aussi se faire un tantinet rabat-joie:
– quand serez-vous à court de café? Tu n’as qu’à regarder le paquet !
– quelqu’un s’introduit il chez vous? On te l’aurait dit et tu le verras bien assez tôt!
– quelqu’un touche t-il à vos petits secrets? Fallait mieux les ranger, Mother te les défendra jamais.
– buvez vous suffisamment d’eau? Si c’était que de l’eau… De toute manière boire de l’eau n’a jamais fait maigrir!
– qui est à la maison en ce moment? Qu’est ce que ça peut te faire?
– avez vous pris des médicaments? Je sais encore ce que je fais! tout le monde n’a pas Alzheimer.
A quoi bon une Mother de remplacement?

Prix
Selon laTribune.fr, comptez 199 euros pour la Mother et ses 4 cookies mais 88 euros par lot de 4 cookies additionnels. Il va falloir sélectionner ces envies d’espionnage et statistique! Un tantinet cher donc, mais on imagine qui le prix sera dégressif si le succès est au rendez-vous.

Points forts
Simplicité
Question connectivité: deux câbles à brancher, un sur la box internet, un pour l’alimentation. Comment faire plus simple?

Interface
Les vidéos et images du sites web montrent des interfaces modernes et ergonomiques, en flat design, pour afficher les informations voulues. Mieux elles sont conviviales et jouent sur les émotions avec des personnages sympathiques.

Mother Interface


Mother Interface

Modularité des Usages
Via les interfaces, on s’aperçoit qu’il y a d’autres usages que ceux expliqués dans la vidéo. Ici pas de problème de déshumanisation ou de flicage, puisque les informations sont liés à l’arrosage des plantes, l’ouverture du frigo.
C’est d’ailleurs certainement là où Mother marchera le plus. Non dans le lien Humain à Humain mais bien le lien Homme-Machine, Utilisateur-Objet: température des chambres, porte du frigo…
Qui n’a pas eu peur de n’avoir pas fermer une porte? d’avoir laisser le chauffage?

Design
Sûr que par rapport à une interface tactile, la bouille mignonne de la Mother saura en convaincre plus d’un. Peu d’objets ont un sourire et une bouche et un petit corps rondouillard, tout en courbes.

Alors oui, on souhaite longue vie à cette nouvelle création car il faut rester positif. D’autant que des industriels ont déjà misé sur l’espionne dodue et ses gâteaux connectés, histoire d’intégrer des capteurs dans les produits comme les cafetières entre autres. Mais on prédit que l’avenir sera parsemé d’embuches pour ce nouveau compagnon, fer de lance français des objets connectés. D’autant que son ancêtre Nabaztag, à la technologie de maintenance par serveur trop chère, n’a pas fait long feu.

La plus grande chance de succès de Mother réside sans nul doute dans l’appropriation par les utilisateurs du code qui pourront aller au-delà des 7 algorithmes de base implémentés. Ils pourront alors imaginer de futurs usages bien plus intéressants et moins « stressants » que certains illustrés par le fabricant.
Dans l’article 01net présentant la « bête », on peut y lire « Les créateurs du concept se sont dit prêts à rendre disponible leur code source ». Un conseil: faites le maintenant. Vous ne serez pas déçus!

Source images Mother: Sen.se

Windows 8 boudé: Chers éditeurs de logiciel, pour vendre, investissez dans l’Ergonomie

Les derniers chiffres de Net Application relayés par le sympathique Clubic laissent pantois: le taux d’adoption de Windows 8 est quasi stable, en un mois, soit 9,3% du parc mondial.
Pire Windows 7 pourtant « obsolète » pour Microsoft progresse un peu à 46,64% du parc mondial. Encore pire Windows XP, pour le coup totalement archaïque et truffé de failles de sécurité, maintient un bon 31%. Rageant quand on a mis 1,5 milliard de dollars sur la table, rien qu’en marketing !

Windows 8

Pourquoi ne pas passer de Windows 7 à 8
Outre le prix d’une licence, il faut avouer que Windows 8 n’apporte rien à l’utilisateur lambda. Le tactile? A quoi bon si votre écran n’est pas adapté. L’utilisateur a-t-il besoin de se servir de son PC en mode tablette? Certainement pas. Et cela limite de facto le nombre de machines à installer.
Mais le véritable problème, la honte même, c’est sans nul doute possible, cette interface hybride. Quelle mouche a donc piqué les dirigeants et têtes pensantes du géant de Seattle pour créer cet OS, mi carpe mi lapin. Un monstre anti-ergonomique dénoncé avec véhémence par le mentor Jakob Nielsen dans son article du 19 novembre 2012 : « une ergonomie faible sur tablette et épouvantable sur PC ».
Comment ne pas maintenir? Mille fois oui. Une ergonomie tellement pathétique – « vous avez essayé d’éteindre du premier coup votre machine? » – que Microsoft aurait dû payer les gens pour l’installer plutôt que de demander de l’argent.
Bien sûr, vous en trouverez toujours pour dire le contraire.

Jakob Nielsen

Preuve que Jakob Nielsen ne s’y était pas trompé – difficile sur ce sujet, vu l’énormité de la catastrophe industrielle – une nouvelle version Windows 8.1 a dû être proposée en téléchargement afin de corriger les défauts de jeunesse de l’OS soi-disant révolutionnaire.
Mille mercis! Enfin les êtres humains utilisant l’outil s’avèrent écoutés. Manque de chance, ce « patch » pèse 3,8Go – magnifique, le temps d’attente surtout en wifi – sans compter les anomalies à prévoir à la mise à jour (quid des programmes installés?).
Pour les plus téméraires d’entre vous, on vous a même trouvés ici le tutoriel officiel pour passer de Windows XP… à Windows 8.1. Si, si c’est possible! 😉 Si le doliprane ne suffit pas, passez directement à la Vicodin.

Et Windows XP, la deudeuche de Microsoft: 31% du parc
A l’instar de la 2cv, cette version de Windows fait ce qu’on lui demande. Evidemment si vous avez Windows XP, c’est que vous n’avez pas le dernier PC avec port USB 3, alim de 1000W, et 8 Go de RAM. Et alors? Est-ce utile à tous? Non. Si tout le monde n’a pas les mêmes besoins, tout le monde n’a pas le même PC et donc le même Windows. Quoi de plus normal? Dommage qu’il faille vendre à tout prix et pousser à consommer. Trop dur à comprendre pour certains.
Plutôt que développer un OS, capable d’être utilisable sur d’antiques bécanes ou de s’adapter aux dernières évolutions, le matraquage médiatique a tenté d’imposer au niveau mondial un seul OS pour tous les utilisateurs, tous les PC et toutes les tablettes.
Chez Microsoft, on ne sait plus faire de bons OS, comme dans le BTP, le savoir-faire s’est évaporé. Mais on sait manifestement se foutre de la gueule du monde. Heureusement qu’il n’y a pour ainsi dire pas de concurrence. Car pour avoir un Mac OS, il faut acheter un très onéreux Mac. Qui peut se le permettre? Sinon, il y a Linux, qui même s’il a fait pas mal de progrès question ergonomie, conserve son côté « mal aimé » du grand public. Forcément, cela élague les formules alternatives. Tant pis pour le consommateur/utilisateur, qui doit subir l’incompétence crasse des décideurs de Microsoft. Finalement la seule concurrence de Microsoft, c’est Microsoft… avec ses vieilles versions (oubliez Windows ME)

Windows XP


Pourquoi ne pas changer de méthode?
Car comment comprendre que chaque nouvel OS – on l’a vu avec Vista puis Windows 8 – puisse être développé en une année? Pas étonnant qu’il y ait autant de bugs au point d’amputer l’innovation promise de multiples technologies. Alors l’ergonomie…
Puisque l’OS est forcément bien codé – Microsoft édite Visual Studio et donne des leçons de codage aux développeurs du monde entier – on devrait pouvoir développer des plug-ins et enrichir à loisir l’OS dont le noyau ne doit pas être si mauvais – un peu d’optimiste que diable! Mais non chez Billou (aujourd’hui à la retraite), on préfère tout remettre à plat – certainement une idée du marketing à la Ballmer (bientôt viré, c’est pas trop tôt) – et faire feu de tout bois, tout en cramant au passage les bases de l’ergonomie ayant fait pourtant le succès de Microsoft. Un comble!
Ainsi, à l’instar d’une VW Golf qui reste la même mais en différent, pourquoi ne pourrait-on pas améliorer l’existant Windows (Windows 7 semble être une bonne base) en rajoutant des fonctionnalités intéressantes? Histoire que l’utilisateur lambda, de l’informaticien à la secrétaire de direction en passant par le petit junior de 6 ans ou votre belle mère, tout le monde s’y retrouve. Car s’il n’y avait eu qu’un problème de bouton démarrer, nul doute que Windows 8 aurait déjà explosé les records de vente et d’adoption.

On recherche quelqu’un pour défendre l’intérêt des utilisateurs
Manifestement la firme de Redmond n’a pas passé le cap du développement Agile et a fait l’impasse sur le Product Owner (vous savez celui ou celle qui défend les besoins utilisateur). A moins que celui-ci ne soit décédé après une crise cardiaque en voyant la première release stable de l’application. Et quid des ergonomes? A l’instar de Susan Kare, sortant fraichement de NeXT et employée par Billou pour réaliser les différentes icônes de Windows 3.0, n’y avait-il pas un ou une ergonome à débaucher pour enrichir l’équipe projet? Comme pour Vista, les tests ont été réalisés les yeux fermés, tout le monde faisant confiance à tout le monde? Le comité de pilotage a fait confiance au chef de projet, le chef de projet a adoubé le chef d’équipe qui a recruté des amis? Ah quelle gabegie, de temps et d’argent!

Pour clore ce coup de gueule, tous les articles ne sont pas aussi véhéments rassurez-vous, terminons par une note d’humour. Voici les meilleurs avantages de Windows 8.1 face à Windows 7, preuve qu’il y a des têtes bien dures:
« Un magnifique nouvel écran d’accueil que vous pouvez personnaliser avec vos applications, contacts et sites préférés » (un fond personnalisable, non vous ne rêvez pas!)
« Des applications intégrées aussi exceptionnelles que Courrier, Calendrier, Messages et Photos, et bien d’autres disponibles dans le Windows Store » (puisqu’on vous dit qu’il est exceptionnel le Calendrier!)
« Stockage dans Cloud intégré à SkyDrive pour un accès à tout moment où que vous soyez à vos photos, fichiers et paramètres » (stocker ses photos sur internet, wahouuuu!)

Une seule chose est sûre: plutôt que de jeter l’argent par les fenêtres, chers éditeurs de logiciel, pensez à vos utilisatrices et utilisateurs, investissez dans l’Ergonomie! (pub)

A méditer: Disappointing Usability for Both Novice and Power Users

Déraillement de Train à New York : Encore un problème d’Ergonomie

Il suffisait de voir une photo aérienne de l’accident: les wagons sont sortis des rails dans le virage. Survitesse!

Déraillement Train New York Source 20minutes.fr

Et de lire, alors, le détail de la tragédie dans le texte joint : « Selon le gouverneur de New York Andrew Cuomo, les trains doivent à cet endroit ralentir de 112 km à 48 km par heure, mais plusieurs passagers ont affirmé que le train allait «beaucoup plus vite» qu’à son habitude en arrivant dans la courbe. » Évidemment le conducteur du train va être encore montré du doigt et lâché aux chiens des médias.

Cela rappelle instantanément le récent déraillement intervenu en Espagne où là encore, le pire aurait certainement pu être évité.

Situation encore plus incroyable, le train roulait à 195 Km/h au lieu des 80Km/h demandé par la signalisation. Là encore, les conducteurs, responsables de la tragédie, sont devenus rapidement les uniques coupables.

Mais quels esprits aussi prétentieux que haut placés ont encore cru bon d’ignorer le facteur humain?
Comment ont-ils pu croire possible, humainement, le freinage d’un train de plus de 100Km/h juste après une portion à haute vitesse et cela quotidiennement!

Et là encore, aux USA comme en Espagne, on découvrira que les sécurités étaient débrayées ou pire qu’ils n’y en avaient pas.
Ainsi à Saint Jacques de Compostelle, le système européen de surveillance du trafic ferroviaire (ERTMS), permettant la limitation automatique de la vitesse, n’était pas obligatoire, et n’avait donc pas été installé.
Encore une histoire de gros sous.

Gros sous, encore, rappelons nous cette explosion colossale suite au déraillement d’un train d’hydrocarbure au Canada, à Lac-Mégantic. Même topo. Tout reposait encore sur les seules épaules d’un seul homme. Un seul jour, où il a oublié. Un seul jour et ce fut la tragédie.


La responsabilité directe revient, dans les faits, au conducteur qui aurait oublié d’actionner un des freins à main.

Mais sur le papier, la responsabilité doit revenir aussi:
– aux dirigeants de la compagnie Montreal, Maine & Atlantic, faisant circuler volontairement des trains vétustes avec des systèmes de sécurité obsolètes, déjà mis en cause dans des déraillements!
– au ministère des Transports car, quelques mois avant la catastrophe, la compagnie MMA avait eu la permission de Transports Canada, ledit ministère, de réduire son équipage de 2 à 1 seule personne.
– au législateur très permissif puisque les sociétés ferroviaires et les employés décident eux-mêmes des mesures de sécurité à appliquer
Il n’y a qu’à lire cet article du Journal de Montréal pour être étonné qu’une telle catastrophe n’ait pas eu lieu… avant

Une bonne ergonomie des systèmes, qu’ils soient des interfaces purement informatiques ou mécaniques, doit être indispensable pour empêcher sinon prévenir les défaillances humaines. L’utilisateur ne peut pas devenir l’unique responsable.
Et malheureusement, cette ergonomie de prévention coûte de l’argent, beaucoup d’argent. Des sommes que certaines personnes inconscientes préfèrent affecter ailleurs (parfois dans leur poche) au détriment de la sécurité et des vies humaines.

Futurama: Compilation des Vidéos de l’Innovation High-Tech

Au menu de cette modeste compilation:
– par l’université de Singapour, du goût dans les IHM! oh juste du sucré, salé, de l’amère, et umami (savoureux) la base quoi…mais c’est déjà un bon début, avec quelques petites stimulations électriques et thermiques. Et oui! (plus d’infos)
– créé par le MIT, un robot qui s’assemble tout seul comme un grand, avec ses petits cubes modulaires. (et d’autres robots prêts à conquérir le monde ici)
– présenté par Samsung, des smartphones à écran flexible – enfin, ils débarquent! – mais aussi avec un écran sur la tranche, pour ne plus l’ouvrir systématiquement. Pratique et discret.
Voilà les quelques pépites du web.

Quid de la fidélité du goût?

l’ancêtre du Terminator?

Encore une innovation du géant coréen

Téléviseurs LG, Applications et Services Google, Microsoft Xbox One : Le Besoin de Confiance

En 1973, les 3 fondateurs d’une célèbre franchise de magasins d’électroménagers créé le « contrat de confiance ». La confiance entre le vendeur et son client: une règle d’Or dans le commerce.
Comment passer à l’acte – acheter – souvent pour des sommes importantes sans avoir cette confiance dans le vendeur comme dans le produit acheté?
Il en va de même dans le vaste monde des interfaces. L’actualité nous le démontre non pas une fois mais 2 fois de plus cette semaine.

Ainsi un blogueur et développeur anglais a détecté en analysant le système d’affichage de publicité que sa télévision LG l’espionnait. Elle espionnait non seulement les programmes et chaines regardés mais aussi les fichiers mis sur la clé usb associée. Mieux, selon un autre blogueur, elle pouvait savoir le temps passé à regarder chaque émission!
Un vrai Big Brother à la maison. LG n’a d’abord pas répondu de manière sérieuse et a préfèré se cacher derrière la validation des Termes et Conditions d’utilisation (l’équivalent du CLUF) voire d’un bug de la smart TV. Mais devant la bronca générée, le géant coréen de l’électronique LG a dû faire machine arrière et proposer un système de désactivation.


La Smart TV LG, une TV un peu trop smart !

Et de se demander: [mode parano On] Peut-on avoir confiance dans le système de désactivation de surveillance intégré? Puisqu’à partir du moment où votre TV est connectée au web, tout est possible. LG a déjà menti. L’interface aussi. Cette interface peut re-mentir! [mode parano Off]
Concernant LG: à quel montant vont se générer les pertes en terme d’image comme en terme de vente de TV?

Même tonneau, avec Chrome et les services de Google maintes et maintes fois épinglés par la CNIL pour les informations récupérées et stockées des mois sinon des années, à l’insu ou non de l’utilisateur.
Au point que son principal concurrent, Microsoft, s’amuse à égratigner une nouvelle fois l’image de marque de Google, avec sa campagne Scroogled. On peut ainsi acheter chez la firme de Seattle les tee-shirt et bugs estampillés: « restez calme, pendant que nous volons vos données », surmonté d’un logo Google Chrome. On tape là où ça fait mal: la confiance de l’utilisateur…

Google Scroogled

L’hôpital qui se fout de la charité d’ailleurs car, question « vie privée » Microsoft possède aussi un lourd contentieux avec la CNIL.
D’autant plus que la nouvelle console de Microsoft Xbox One, et particulièrement sa Kinect, a soulevé aussi de nombreux problèmes de confidentialité: une kinect qui reste en veille, se réveille par commande vocale et enregistre tout ce qui survient devant la console.

Xbox One Kinect

Le Design émotionnel a pour but, entre autres, de développer la confiance de l’utilisateur, afin qu’il utilise l’interface, qu’il en devienne même fidèle, qu’il passe à l’acte (acheter évidemment)…
Ce n’est pas pour que les équipes techniques plus « hardware » se chargent de collecter des informations sur l’utilisateur, des informations privées que personne n’aimerait voire stockées ni accessibles par un tiers.
Irrémédiablement, une perte de confiance se répercute par un désaveu et un abandon progressif. C’est vrai en commerce (mes deux anciennes banques s’en rappellent encore) mais c’est vrai aussi en interface (mon Chrome aussi s’en rappelle et ma Webcam a son volet occultant).

Alors à quand un peu de Conscience dans notre Science (des loisirs) du quotidien?